juillet 15, 2008

Cate Milton

L’idée de la thérapie vient de Cuddy. Elle me l’a présentée comme une étape nécessaire à ma reprise d’activité. Ce sans quoi, le Conseil d’Administration aurait voté contre. Ça nous a valu un petit combat à la régulière : Toute ma verve contre son décolleté.

 

 

L’idée du journal vient du docteur Cate Milson, qui m’accorde une heure de séance hebdomadaire, par webcam, du fin fond de l’Antarctique, pour la modique somme de 250 dollars par semaine.  Aux frais de Princeton Plainsboro, évidemment.

 

 

A ce sujet, il parait que j’ai des goûts de luxe, dixit Cuddy.

 

 

- Quitte à me forcer à votre foutue thérapie, laissez moi au moins le choix de mon psy ! Lui ai-je dit.

- Pourquoi ne pas faire simple ? L’hôpital regorge de psychiatres de renom ! A-t-elle insisté.

 

 

C’est tout Cuddy, de penser qu’on recrute celui qui va scruter votre âme sur son CV, ses titres à Harvard, et sa proximité géographique. Je l’ai mouchée. Je lui ai ressorti l’histoire de son donneur de sperme, l’amoureux de Mozart et sa panoplie de tocs. J’ai même réussi à imiter son rire de goret. C’est parfois si facile de mettre Cuddy à terre.

 

 

- Je n’ai pas la moindre intention de m’impliquer dans un travail sur moi-même, c’est la première chose que j’ai dite à Cate par écran interposé.

 

 

Elle a souri. J’ai enchaîné:

 

 

- Quand vous reviendrez à Princeton, votre compte en banque explosera. Avouez que c’est une attention délicate de la part d’un type à qui vous devez la vie. Je pose mes conditions : On fait un démineur, on cause météo, on sature le serveur de l'hôpital par des échanges massifs de mp3 par DCC, et de votre côté vous faites un petit mail mensuel à Cuddy pour la rassurer sur mon compte de neurones et ma manière de les utiliser. Sympa comme deal, non ?

 

 

Elle a topé. Je la soupçonne de s’ennuyer ferme dans sa banquise. Je n’ai pas osé lui demander si Sean et elle ça collait toujours, s’ils sirotaient à la même coupe des petits cocktails de leurs urines mélangées au coin du feu. Je prends note de le faire, dès la prochaine séance.