juillet 26, 2008

Quelques mails

To : Cate MILTON

 

From : Gregory HOUSE

 

Objet : Freud au rabais

 

 

Cate,

 

 

Je suis au regret de vous annoncer que nos séances sont temporairement suspendues.

 

Il semblerait que Cuddy ait tout bonnement oublié d’adresser une demande de prise en charge de mes frais médicaux auprès du Conseil d’Administration de Princeton Plainsboro.

 

Un suivi médical strict, dont une psychothérapie, faisait pourtant partie des conditions nécessaires à ma reprise d’activité professionnelle. Sans ce suivi, hélas, je ne suis plus en mesure d’exercer, car mon degré d’invalidité reste encore à définir.

 

Oh, il faut pardonner Cuddy. Je pense qu’elle perd un peu le sens des priorités, en ce moment, elle est très préoccupée par ses prochaines vacances à Hawaï. Je n’ai pas voulu la déranger avec ces futilités.

 

Pourriez-vous adresser vous-même une demande de prise en charge auprès du Conseil de l’hôpital ? N’oubliez pas de préciser que vous préférez prendre vous-même les choses en main face à une certaine lenteur administrative.

 

 

J’espère vous revoir très bientôt. C’est idiot, je me sentais prêt à vous parler à cœur ouvert dès la prochaine séance. Ah, vraiment, c’est idiot…

 

 

Amèrement,

 

 

Greg House

 

From : Gregory HOUSE

 

To : Stacy WARNER

 

Objet : hello

 

 

Hello Stacy,

 

Je me demandais juste comment ça allait depuis tout ce temps.

 

J’attends de tes nouvelles,

 

 

Greg

 

From : Stacy WARNER

 

To : Gregory HOUSE

 

Objet :re : hello

 

 

Tiens, Greg, le grand retour !

 

Quand j’ai appris ce qui t’était arrivé j’ai bien dû laisser dix messages sur ton répondeur,  tu n’as jamais daigné me rappeler et j’ai fini par renoncer.

Et si tu en venais carrément au fait ? Comment vas-tu ?

Stacy

 

 

From : Cate MILTON

 

To : Gregory HOUSE

 

Objet : re : Freud au rabais

 

 

Dr House,

 

 

Vous me mésestimez sûrement. Je connais déjà tout le dédain que vous accordez à ma spécialisation. Je connais aussi votre degré d’implication dans ce que je peine à appeler « nos séances ». Gregory House à cœur ouvert ? Peut-être, mais alors au sens strict du terme, à grand renfort de bistouris, trocarts et écarteurs thoraciques.

 

 

Néanmoins, le psychiatre sait qu’il est un professionnel voué à offrir des services à ses patients et à préserver leur cause. Que vous soyez engagé ou non dans votre thérapie ne change rien au fait que vous êtes mon patient.

 

 

La pratique médicale est soumise à rude épreuve, je ne vous apprendrai rien. Il nous faut souvent jongler avec les  tracasseries bureaucratiques, entre autres. En m’appliquant à vous défendre,  je vais également défendre les valeurs de la psychiatrie, en rehausser le professionnalisme, unir mes efforts à ceux de la médecine structurée pour dénoncer une conduite qui est à mes yeux un manquement à l’éthique.

 

 

Comment peut-on, par simple négligence, vous priver de soins auxquels vous avez droit ? Comment peut-on sciemment vous laisser de côté alors que vous n’aspirez qu’à exercer à nouveau ?

 

 

Autant de questions, autant de sujets de révolte de ma part.

 

J’adresse de ce pas, une lettre bien sentie au Conseil d’Administration de Plainsboro.

 

J’en adresse également une copie à Cuddy, dont je mets aujourd’hui en doute les compétences professionnelles.

 

 

En espérant vous revoir bientôt,

 

 

Dr Cate Milton

 

From : Gregory HOUSE

 

To : Stacy WARNER

 

Objet : re re hello

 

 

Je vais bien, rassure toi. La routine habituelle.

 

Je dois passer jeudi  face au Comité d’éthique parce que j’ai eu la main un peu lourde lors d’une coloscopie sur un texan sodomite.

 

En fait, ça sent le traquenard.  Comme par hasard ils profitent d’une absence professionnelle de Cuddy pour me convoquer. D’ailleurs, Cuddy est dans tous ses états de ne pouvoir être là. Le Conseil d’administration a préparé le terrain en sucrant le budget alloué à mes thérapies. Je sens qu’ils vont s’en servir comme argument, remettre en cause mon intégrité, et faire valoir que j’étais parfaitement conscient des risques encourus.

Comme je te disais, la routine…

Greg

 

From : Stacy WARNER

 

To : Gregory HOUSE

 

Objet :re re re  : hello

 

 

J’ai du te relire trois fois ! Comment peuvent ils agir de la sorte ? Comment pourraient-ils dénigrer le degré de responsabilité de l’hôpital ? Tu étais conscient des risques, oui, mais les premiers conscients étaient EUX puisqu’ils t’ont demandé de signer une décharge. Tu t’es engagé à n’entamer aucun recours, mais EUX  se sont engagés à te couvrir en cas d’accident !

 

Je sais que tu n’es pas un ange, Greg, mais je sais quel médecin tu es. Je sais qu’exercer est toute ta vie et que tu le fais mieux que quiconque.

Je serai à Princeton jeudi matin. Adresse moi un  maximum de documents, que je puisse organiser ta défense d’ici là

Stacy

 

From : Gregory HOUSE

 

To : Stacy WARNER

 

Objet : re re re re hello

 

 

Et voilà ! Sainte Stacy à la rescousse ! J’aurais dû m’en douter ! Pourquoi je n’ai pas tenu ma langue ! Je m'en veux !

 

Ca m’embête vraiment de te déranger avec ça, mais maintenant que tu es au courant je ne voudrais pas prendre le risque de te voir sombrer dans la culpabilité de ne pas m’avoir porté secours. Je te connais, lorsque tu te sens coupable, tu souffres de maux  gastriques et  tu doubles ta consommation de cigarettes…

 

Epargne toi la peine de chercher un hôtel, je pense être en mesure de t’accueillir pour une nuit

Greg

ps : Tu trouveras les documents en pièce jointe

From : Gregory HOUSE

 

To : Dr Eric FOREMAN

 

Objet : confidentiel !

 

 

Tiens, Foreman, une petite anecdote qui ne manquera pas d’illuminer votre journée.

 

J’ai parlé à Cuddy, tout à l’heure. Il se trouve qu’elle s’envole dimanche soir pour un Congrès à Hawaï, en compagnie de Wilson et de Cameron.

 

C’est un congrès de la plus haute importance, Plainsboro y est largement représenté. J’avoue que j’ai été très étonné qu’elle ne vous propose pas d’y aller et je lui en ai fait part.

 

 

- J’ai trop besoin de Foreman ici, m’a-t-elle répondu.

 

 

J’ai alors dit que je ne comprenais pas pourquoi elle m’avait confié la direction de l’hôpital pendant cette semaine puisque apparemment vous étiez son « poulain ».

 

 

- C’est stratégique, m’a-t-elle révélé. Je veux que vous observiez Foreman pendant cette période, que vous notiez sa réactivité, son degré d’investissement, son autonomie, lorsque vous l’impliquerez dans la tâche qui est la votre.

 

 

Je dois dire que Cuddy a eu du nez sur cette affaire, parce qu’effectivement –toute considération raciale mise à part- j’avais bien l’intention de m’en remettre à vous pour toutes les basses besognes.

 

 

- Assureriez-vous votre relève ? J’ai demandé.

 

 

Ce à quoi elle a répondu par un sourire énigmatique.

 

 

Foreman, mon vieux, votre heure de gloire est enfin arrivée ! Tenez vous prêt à assurer comme une bête cette semaine ! Imaginez votre nom en lettres d’or dans le hall de Plainsboro !

 

 

 Votre père sera bientôt très fier de vous, je vous le dis.

 

 

 

From : Stacy WARNER

 

To : Gregory HOUSE

 

Objet :re re re re re  : hello

 

 

Jolie manoeuvre, Greg, mais je te rappelle que Short Hills n’est qu’à deux heures de Princeton. Je ferai l’aller retour dans la journée.

 

A jeudi.

 

 

Stacy