août 04, 2008

Ellie et moi

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« Je peux dire adieu à mon boulot. Je suis grillée ! »

 

Dans mon bureau, vendredi, Ellie, assise sur mon genou valide, prenait connaissance de la note de service que je venais de recevoir par mail. J’avais glissé astucieusement une main sous sa blouse et tentait d’atteindre tant bien que mal le haut de sa cuisse. Ce qui me préoccupait vraiment, à cet instant, c’était de savoir si elle portait encore ce délicieux petit ensemble de lingerie rouge, celui qui mettait si bien en valeur son…

 

Une légère tape sur ma main m’empêcha d’aller au bout de mon exploration. Je grognais.

 

- Greg ! Je suis entrain de te dire que je vais être virée, a-t-elle insisté, visiblement soucieuse.

 

- Je te jure que je verserai mon torrent de larmes plus tard, ai-je répondu d’un air malin. Tu sais, toi, pourquoi ces fichues blouses ont autant de boutons ?

 

Elle s’est retournée, a planté brièvement son regard dans le mien, faisant appel à un peu de sérieux. Puis, elle s’est levée, et a commencé à faire les cent pas. Je l’observais, n’arrivant pas à me détacher de ses courbes à la fois légères et terriblement sensuelles.

Ellie, pour résumer, est exactement le genre de jeune femme qui fait que l’on se félicite d’être un homme. Il est impossible, en sa présence, de ne pas divaguer sur la finesse de sa taille, la pulpe de ses lèvres, l’éclat de ses yeux malicieux. Voilà quinze jours que nous escaladons ensemble chaque palier de la luxure. C’est une partenaire de choix, raffinée et attentive. Nous vivons une aventure stimulante, piquante, accentuée par sa vitalité, son insouciance juvénile combinée à un tempérament lascif et joueur.

 

- Fais moi confiance pour régler ça, ai-je dit. Je trouverai bien une solution.

 

Une main sur ses hanches, un léger sourire aux lèvres, elle m’a regardé de haut. Le genre de regard qui me conduit, dans nos petits jeux, à affirmer ma supériorité de mâle.

 

- Et pourquoi je devrais faire confiance à Greg House ? A-t-elle ironisé. Si je devais établir une liste de personnes à qui j’accorderais ce privilège, tu sais bien que tu serais bon dernier…

 

Une chose que j’apprécie particulièrement chez Ellie, c’est qu’elle n’attend rien de personne, et encore bien moins de moi.

 

- Je suis une grande fille, a-t-elle affirmé d’une voix suave. Je me sortirai de cette situation toute seule. L’étendue de mes exigences s’arrête en dessous de la ceinture, en ce qui te concerne. Je n’espère pas que tu engages plus de toi que cette partie là dans notre relation.

 

Toujours ce petit sourire, cet air de défi. Mon sang s’est mis à bouillonner, mais hélas les couloirs de l’hôpital étaient trop fréquentés, à cette heure de la journée. Sans cesser de soutenir son regard, je triturais fiévreusement ma canne. Mon geste ne lui échappa pas.

 

- On se retrouve ce soir ? A-t-elle demandé innocemment. A moins que tu ne préfères t’enivrer seul et visionner un de tes précieux DVD ?

 

- Retrouve moi ce soir chez moi, ai-je soufflé. Je te promets que tu seras étonnée du zèle que je suis capable d’engager dans nos rapports…

 

Son sourcil s’est levé, son sourire s’est accentué, et elle est sortie de mon bureau, exagérant voluptueusement les balancements de sa croupe.

 

J’ai tenu mes promesses, ce soir là. Ce n’est que tardivement dans la nuit que l’idée a germé. Impossible de savoir qui de nous deux en a été l’initiateur. Au creux de mon aisselle, le souffle d’Ellie, entrecoupé de petits rires, me picotait agréablement l’épiderme.

 

Toujours est il que ce matin, lorsque j’ai franchi aux aurores le seuil de la salle du département de diagnostic, tenant la main à Ellie, Kutner en aurait presque renversé son café.

 

- J’ai au moins deux bonnes raisons de penser que vous avez perdu la tête ! S’est-il exclamé.

 

J’ai fait appeler Foreman, qui consultait un patient à l’état critique, à l’étage inférieur. Bikyel et Lilla sont arrivées peu de temps après.

 

J’ai fait solennellement face à Ellie, au milieu de la pièce, le soleil pointait le bout de son nez à travers les stores. Nous avions répété la veille, à grand renfort de Bourbon. Je devais afficher ma tête des lendemains de cuite.

 

- Ellie, ai-je dit en prenant maladroitement ses mains (mon attelle n’arrangeait pas les choses). Je promets de t’envoyer au septième ciel chaque nuit, jusqu’à ce que je mon cœur lâche ou bien que je trouve une call-girl meilleur marché.

 

- Greg, a-t-elle gloussé. Si tu promets de ne jamais demander autre chose à ma main que de faire sauter une à une les pressions de ta braguette, c’est oui.

 

Et nous avons échangé les anneaux, achetés la veille à la hâte, au centre commercial de Princeton, dans la seule boutique de babioles encore ouverte un dimanche, en fin d’après midi. Foreman a détourné le regard alors que nous échangions un baiser pour la forme. J’aurais juré qu’Ellie cherchait à faire le décompte exact de mes molaires, à cet instant là. Sous les applaudissements de Bikyel, Lilla et Kutner, Ellie a arrêté ma main valide, qui se faisait plus intrusive dans son décolleté, alors que ma canne s’échouait lamentablement à nos pieds.

 

- Vous m’avez dérangé pour ça ? A râlé Foreman, tandis qu’Ellie et moi reprenions péniblement haleine, front contre front,  nos doigts encore entrelacés.

 

- Je tenais à m’assurer que l’ensemble du personnel de l’hôpital soit au courant, lui ai-je répondu. Qui mieux que vous pour aller claironner que le docteur House vient de se fiancer à la petite infirmière écervelée des soins intensifs, celle qui aurait l’âge d’être sa fille ?

 

Foreman nous a planté là, vexé. Nous avons tous joyeusement partagé quelques donuts, offerts pour l’occasion par Kutner, autour d’un café convivial.

Puis, Ellie et moi avons pris la direction de l’étage inférieur, en compagnie de Lilla et Bikyel, nos témoins respectifs. L’heure fatidique du conseil disciplinaire venait de sonner.

 

- J’ai vraiment hâte de voir la tête de Cuddy ! » M’a glissé Ellie à l’oreille, dans la cage de l’ascenseur, en m’en mordillant le lobe au passage.

 

Et malgré la légèreté de cet instant, le désir que la proximité de son corps faisait naître en moi, j’aurais pu parier que le sourire que je lui ai renvoyé à ce moment n’avait rien d’enthousiaste, dans le fond.

 

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