juillet 22, 2008
talons aiguille
Aujourd’hui, Cuddy étrenne une splendide paire d’escarpins Jimmy Shoo qui souligne à merveille le galbe de ses chevilles.
Je m’interroge.
J'ai toujours aimé la féminité. J'ai toujours suivi du regard de jolies jambes gainées, de jolies chaussures, les jupes ajustées qui épousent finement les formes. J’admire, je divague. J’ai un goût prononcé pour les talons aiguille, les tailleurs sobres, élégants et sexy. De ce côté-là, Cuddy me laisse rarement sur ma faim.
J’ai laissé échapper un sifflement évocateur lorsqu’elle est entrée dans mon bureau, ce matin. Elle a souri.
- Vous savez, ai-je dit, selon de récentes études, l’achat compulsif de chaussures révélerait un certain caractère obsessionnel. Les femmes considèrent les chaussures comme le meilleur antidépresseur. Mal dans sa vie, bien dans ses pompes, en quelque sorte.
Elle n’a pas relevé, a tenté de faire diversion avec de vagues arguments. Il devait y être question de consultations et de retard. J’ai enchaîné :
- C’est une conduite masochiste à mes yeux. On se doute de ce que vous endurez, à marcher toute la sainte journée sur… ces deux piédestaux. Ce doit être une vraie torture de devoir passer par là, malgré tous vos titres, pour affirmer un quelconque potentiel working-girl, non ?
Sans cesser de sourire, elle a posé ses deux mains sur mon bureau et a planté ses yeux dans les miens, et riposté, ironique :
- C’est votre thérapie avec Cate qui vous rend si perspicace, ou bien vous avez simplement piqué le dernier Cosmo en salle d’attente ?
- Ca me semble improbable, ai-je répondu. Ca fait bien trois jours que je n’ai pas mis les pieds en consultations. Et pourquoi faudrait-il qu’il y ait une raison au fait que je sois inquiet pour vous ?
Elle a soupiré, s’est encore un peu plus penchée vers moi. Ses yeux brillaient d’un drôle d’éclat.
- L’avantage certain des talons hauts, a-t-elle dit, c’est qu’ils me permettent de faire entendre mon pas alerte. Ainsi, je n’ai pas à toussoter pour m’annoncer, ce qui nous évite à vous comme à moi, l’inconvénient de vous surprendre, par exemple, en plein visionnage de vos derniers téléchargements illicites… De plus, les talons hauts me permettent de vous regarder directement dans les yeux, lorsque j’ai quelque chose à vous reprocher et mon autorité à affirmer. Ce qui arrive bien dix fois par heure, ces derniers temps.
J’ai réfléchi et fait la moue.
- Ce ne sont pas des arguments valables, ai-je répliqué. D’une part, il y a de la moquette à tous les étages de l’hôpital, et celle de mon bureau est bien plus épaisse que partout ailleurs… Et d’autre part, si vous voulez me regarder dans les yeux, pourquoi toujours détourner mon attention par des décolletés vertigineux ?
Elle s’est redressée aussi sec, m’a lancé un regard chargé de reproches.
- House, je vous veux en consultations d’ici cinq minutes, a-t-elle sommé.
Et elle a quitté mon bureau en faisant de gros efforts pour se déhancher le moins possible.
Je peux vous assurer que ses efforts étaient vains.
14:46 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : house, cuddy, chaussures