juillet 28, 2008
Première salve
17:53 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : house, plainsboro, greve
juillet 27, 2008
Alexi Murdoch - Orange sky
Découvrez Alexi Murdoch!
Juillet 95, ce dimanche mémorable.
Ce matin-là, elle était rayonnante, ses longs cheveux bouclés, son corps soyeux épousant le mien au milieu des draps froissés. Nous avons fait l’amour au réveil, comme souvent. Je me souviens ensuite d’elle nue, devant un miroir. Moi derrière, fasciné par l’éclat si particulier de ses yeux de jais, lorsque le soleil s’est faufilé dans notre chambre.
« J’aimerais tellement aller voir l’océan… » A-t-elle simplement dit, accrochant mon regard dans le reflet de la glace.
Je suis passé emprunter la voiture de Wilson, puis je suis revenu la chercher. Elle a accouru au bruit du moteur, vêtue d’une robe légère, ma guitare sous un bras, un sac contenant bières et sandwiches au bout de l’autre. Elle a sauté dans la voiture. Il était encore assez tôt, nous avons pris la direction de Keansburg.
Elle a beaucoup parlé. Je l’écoutais, les yeux braqués sur la route, et quelquefois sur ses jambes nues, lorsqu’elle les étendait sur le tableau de bord. Il était question d’avenir, de projets, d’insouciance, de choses simples. Beaucoup de ses phrases étaient ponctuée de petits rires clairs.
On a trouvé un coin retiré sur la plage, très loin des regards et des rassemblements. On a passé la journée dans l’eau, on a paressé au soleil, exploré la crique, observé les chalutiers qui sillonnaient la côte. Bien plus tard, nous avons savouré le coucher de soleil, les nuances du ciel s’embrasant lentement, passant du jaune safrané au rouge flamboyant. Une petite brise tiède balayait nos corps. J’ai fait un feu de fortune avec du bois flotté, et nous sommes restés longtemps, jusqu’à la nuit tombée, sans parvenir à nous résoudre à quitter l’endroit.
Ce jour là, nous retenions le bonheur à la force de nos étreintes, au creux de nos mains entrelacées, à l’intensité de nos regards.
Ce bonheur auquel elle aspirait, et que je n’ai pu lui promettre.

11:41 Publié dans Music | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : house, musique
juillet 26, 2008
Quelques mails
To : Cate MILTON
From : Gregory HOUSE
Objet : Freud au rabais
Cate,
Je suis au regret de vous annoncer que nos séances sont temporairement suspendues.
Il semblerait que Cuddy ait tout bonnement oublié d’adresser une demande de prise en charge de mes frais médicaux auprès du Conseil d’Administration de Princeton Plainsboro.
Un suivi médical strict, dont une psychothérapie, faisait pourtant partie des conditions nécessaires à ma reprise d’activité professionnelle. Sans ce suivi, hélas, je ne suis plus en mesure d’exercer, car mon degré d’invalidité reste encore à définir.
Oh, il faut pardonner Cuddy. Je pense qu’elle perd un peu le sens des priorités, en ce moment, elle est très préoccupée par ses prochaines vacances à Hawaï. Je n’ai pas voulu la déranger avec ces futilités.
Pourriez-vous adresser vous-même une demande de prise en charge auprès du Conseil de l’hôpital ? N’oubliez pas de préciser que vous préférez prendre vous-même les choses en main face à une certaine lenteur administrative.
J’espère vous revoir très bientôt. C’est idiot, je me sentais prêt à vous parler à cœur ouvert dès la prochaine séance. Ah, vraiment, c’est idiot…
Amèrement,
From : Gregory HOUSE
To : Stacy WARNER
Objet : hello
Hello Stacy,
Je me demandais juste comment ça allait depuis tout ce temps.
J’attends de tes nouvelles,
From : Stacy WARNER
To : Gregory HOUSE
Objet :re : hello
Tiens, Greg, le grand retour !
Quand j’ai appris ce qui t’était arrivé j’ai bien dû laisser dix messages sur ton répondeur, tu n’as jamais daigné me rappeler et j’ai fini par renoncer.
Et si tu en venais carrément au fait ? Comment vas-tu ?
From : Cate MILTON
To : Gregory HOUSE
Objet : re : Freud au rabais
Dr House,
Vous me mésestimez sûrement. Je connais déjà tout le dédain que vous accordez à ma spécialisation. Je connais aussi votre degré d’implication dans ce que je peine à appeler « nos séances ». Gregory House à cœur ouvert ? Peut-être, mais alors au sens strict du terme, à grand renfort de bistouris, trocarts et écarteurs thoraciques.
Néanmoins, le psychiatre sait qu’il est un professionnel voué à offrir des services à ses patients et à préserver leur cause. Que vous soyez engagé ou non dans votre thérapie ne change rien au fait que vous êtes mon patient.
La pratique médicale est soumise à rude épreuve, je ne vous apprendrai rien. Il nous faut souvent jongler avec les tracasseries bureaucratiques, entre autres. En m’appliquant à vous défendre, je vais également défendre les valeurs de la psychiatrie, en rehausser le professionnalisme, unir mes efforts à ceux de la médecine structurée pour dénoncer une conduite qui est à mes yeux un manquement à l’éthique.
Comment peut-on, par simple négligence, vous priver de soins auxquels vous avez droit ? Comment peut-on sciemment vous laisser de côté alors que vous n’aspirez qu’à exercer à nouveau ?
Autant de questions, autant de sujets de révolte de ma part.
J’adresse de ce pas, une lettre bien sentie au Conseil d’Administration de Plainsboro.
J’en adresse également une copie à Cuddy, dont je mets aujourd’hui en doute les compétences professionnelles.
En espérant vous revoir bientôt,
From : Gregory HOUSE
To : Stacy WARNER
Objet : re re hello
Je vais bien, rassure toi. La routine habituelle.
Je dois passer jeudi face au Comité d’éthique parce que j’ai eu la main un peu lourde lors d’une coloscopie sur un texan sodomite.
En fait, ça sent le traquenard. Comme par hasard ils profitent d’une absence professionnelle de Cuddy pour me convoquer. D’ailleurs, Cuddy est dans tous ses états de ne pouvoir être là. Le Conseil d’administration a préparé le terrain en sucrant le budget alloué à mes thérapies. Je sens qu’ils vont s’en servir comme argument, remettre en cause mon intégrité, et faire valoir que j’étais parfaitement conscient des risques encourus.
Comme je te disais, la routine…
From : Stacy WARNER
To : Gregory HOUSE
Objet :re re re : hello
J’ai du te relire trois fois ! Comment peuvent ils agir de la sorte ? Comment pourraient-ils dénigrer le degré de responsabilité de l’hôpital ? Tu étais conscient des risques, oui, mais les premiers conscients étaient EUX puisqu’ils t’ont demandé de signer une décharge. Tu t’es engagé à n’entamer aucun recours, mais EUX se sont engagés à te couvrir en cas d’accident !
Je sais que tu n’es pas un ange, Greg, mais je sais quel médecin tu es. Je sais qu’exercer est toute ta vie et que tu le fais mieux que quiconque.
Je serai à Princeton jeudi matin. Adresse moi un maximum de documents, que je puisse organiser ta défense d’ici là
From : Gregory HOUSE
To : Stacy WARNER
Objet : re re re re hello
Et voilà ! Sainte Stacy à la rescousse ! J’aurais dû m’en douter ! Pourquoi je n’ai pas tenu ma langue ! Je m'en veux !
Ca m’embête vraiment de te déranger avec ça, mais maintenant que tu es au courant je ne voudrais pas prendre le risque de te voir sombrer dans la culpabilité de ne pas m’avoir porté secours. Je te connais, lorsque tu te sens coupable, tu souffres de maux gastriques et tu doubles ta consommation de cigarettes…
Epargne toi la peine de chercher un hôtel, je pense être en mesure de t’accueillir pour une nuit
ps : Tu trouveras les documents en pièce jointe
From : Gregory HOUSE
To : Dr Eric FOREMAN
Objet : confidentiel !
Tiens, Foreman, une petite anecdote qui ne manquera pas d’illuminer votre journée.
J’ai parlé à Cuddy, tout à l’heure. Il se trouve qu’elle s’envole dimanche soir pour un Congrès à Hawaï, en compagnie de Wilson et de Cameron.
C’est un congrès de la plus haute importance, Plainsboro y est largement représenté. J’avoue que j’ai été très étonné qu’elle ne vous propose pas d’y aller et je lui en ai fait part.
- J’ai trop besoin de Foreman ici, m’a-t-elle répondu.
J’ai alors dit que je ne comprenais pas pourquoi elle m’avait confié la direction de l’hôpital pendant cette semaine puisque apparemment vous étiez son « poulain ».
- C’est stratégique, m’a-t-elle révélé. Je veux que vous observiez Foreman pendant cette période, que vous notiez sa réactivité, son degré d’investissement, son autonomie, lorsque vous l’impliquerez dans la tâche qui est la votre.
Je dois dire que Cuddy a eu du nez sur cette affaire, parce qu’effectivement –toute considération raciale mise à part- j’avais bien l’intention de m’en remettre à vous pour toutes les basses besognes.
- Assureriez-vous votre relève ? J’ai demandé.
Ce à quoi elle a répondu par un sourire énigmatique.
Foreman, mon vieux, votre heure de gloire est enfin arrivée ! Tenez vous prêt à assurer comme une bête cette semaine ! Imaginez votre nom en lettres d’or dans le hall de Plainsboro !
Votre père sera bientôt très fier de vous, je vous le dis.
From : Stacy WARNER
To : Gregory HOUSE
Objet :re re re re re : hello
Jolie manoeuvre, Greg, mais je te rappelle que Short Hills n’est qu’à deux heures de Princeton. Je ferai l’aller retour dans la journée.
A jeudi.
Stacy
02:52 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : house, cuddy, stacy
juillet 24, 2008
Plainsboro fried rats
Certains faits doivent rester privés, c’est exact. D’autres, en revanche, méritent d’être révélés à la face du monde.
Cuddy n’aura pas à regretter d’avoir attiré mon attention sur le sujet.
L’accomplissement de mon devoir de médecin, membre de cet hôpital, citoyen des Etats-Unis, est plus que jamais dans l’air du temps. C’est avec beaucoup d’ardeur que je m’attelle à la tâche aujourd’hui.
L’ardeur de ceux qui agissent en toute bonne conscience parce qu’ils estiment nécessaire de dénoncer des faits, par pur devoir de responsabilité civique.
Je ne pouvais pas rêver d’un meilleur outil que mon journal, qui, grâce au zèle de Foreman, a ce caractère intime, qui fait qu’à ce jour, il est largement plus consulté par l’ensemble du personnel de l’hôpital, que, par exemple, la Gazette Médicale , les notes de services ou les circulaires de Santé Publique.
Aux environs de midi, à la cafétéria de Princeton Plainsboro, madame X déjeune en compagnie de son mari, et de ses enfants. Cette aimable sexagénaire est venue rendre visite à sa mère, suivie pour un cancer du colon, dans le service du Dr James Wison.
Alors que madame X se délecte d’un succulent plat de champignons à la grecque, elle présente soudain des signes d’étouffement, se met à hoqueter, suffoquer, sous l’œil paniqué de sa petite famille.
Je déjeune seul, à proximité immédiate de cette brave dame en difficulté. Je choisis de ne pas intervenir tout de suite, de laisser ce soin à un médecin dont la notoriété serait encore sur la sellette. Il se trouve en plus, que j’ai horreur des frites froides.
Mais personne ne bouge. Je renonce à bipper Kutner sur ce coup là. Il assiste une splénectomie au bloc, et les autres membres de mon équipe ont des occupations tout aussi futiles.
Je me lève donc avec humeur et vient porter secours à madame X, sous l’œil humide et reconnaissant de son mari. Un rapide examen me permet de conclure à une dyspnée due à une obstruction trachéale. Monsieur X m’aide à relever madame, tandis que je prends derrière elle une pose peu mondaine pour effectuer une série de compressions thoraciques. Le corps étranger qui l’asphyxiait lentement ne tarde pas à jaillir de sa gorge et atterrit sur le linoléum de la salle, au beau milieu des badauds qui ont curieusement cessé de manger.
- C’est un os, m’annoncera un peu plus tard d’un ton catégorique, monsieur X, me tendant l’objet du délit enveloppé dans une serviette en papier.
Je suis retourné à mon plat de frites, tandis que Cuddy, sans doute alarmée par ses sentinelles, accourait dans la cafétéria. J’ai assisté, amusé, à la confusion, à son déploiement d’excuses, à la façon dont elle a brandi son décolleté sous les yeux de monsieur X, dont j’ai redouté à cet instant une apoplexie pure et simple. Quelques poignées de main, quelques œillades enjouées, et tout est rentré dans l’ordre.
La diffusion de L World a été ajournée cet après midi. Je me suis donc rendu au labo avec mon butin, soigneusement enveloppé dans la serviette estampillée Princeton Plainsboro Food.
J’en suis sorti quelques heures plus tard, avec un immense sourire aux lèvres. J’ai foulé le sol du bureau de Cuddy avec une joie triomphale.
- Quelle délicate attention de la part de nos diététiciens d’enrichir les crudités en protéine animale, ai-je dit. Il est clair que l’équilibre nutritionnel est une priorité nationale.
Comprenant ce à quoi je faisais allusion elle a levé les yeux au ciel.
- Ne soyez pas stupide, a-t-elle rétorqué. Ce sont des choses qui peuvent arriver en cuisine, de mélanger malencontreusement des ingrédients…
Je me suis laissé tomber sur le fauteuil, ai sorti la fiole qui contenait l’os, que j’ai agitée sous son nez.
- Vous irez sortir votre baratin aux végétariens de l’hôpital, mais je pense pas qu’ils vous applaudiront, ai-je continué. Oh, à propos, est-ce qu’il y aurait eu des fuites récentes au laboratoire d’expérimentation, vous savez, celui qui est situé juste en dessous des cuisines ?
Comme elle ne me répondait pas, se contentait de me fixer, d’un air désorienté, j’ai posé la fiole bien en évidence sur son bureau, avec les conclusions de mon analyse paléo-génétique :
- M’étonnerait pas qu’il manque un ou deux rats à l’appel, ai-je annoncé fièrement.
Je vous passe les détails sur son expression horrifiée, la crispation convulsive de ses mains, les nausées probables. Deux minutes de pur bonheur.
- House, pas de scandale, je vous en prie, a-t-elle murmuré en se reprenant. Je vais ordonner une enquête sanitaire, mais pas besoin d’ébruiter cette affaire. Je compte sur toute votre confidentialité, votre professionnalisme, et votre bon sens…
Ce en quoi elle a eu parfaitement raison.

18:38 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : house, cuddy, nutrition
juillet 22, 2008
talons aiguille
Aujourd’hui, Cuddy étrenne une splendide paire d’escarpins Jimmy Shoo qui souligne à merveille le galbe de ses chevilles.
Je m’interroge.
J'ai toujours aimé la féminité. J'ai toujours suivi du regard de jolies jambes gainées, de jolies chaussures, les jupes ajustées qui épousent finement les formes. J’admire, je divague. J’ai un goût prononcé pour les talons aiguille, les tailleurs sobres, élégants et sexy. De ce côté-là, Cuddy me laisse rarement sur ma faim.
J’ai laissé échapper un sifflement évocateur lorsqu’elle est entrée dans mon bureau, ce matin. Elle a souri.
- Vous savez, ai-je dit, selon de récentes études, l’achat compulsif de chaussures révélerait un certain caractère obsessionnel. Les femmes considèrent les chaussures comme le meilleur antidépresseur. Mal dans sa vie, bien dans ses pompes, en quelque sorte.
Elle n’a pas relevé, a tenté de faire diversion avec de vagues arguments. Il devait y être question de consultations et de retard. J’ai enchaîné :
- C’est une conduite masochiste à mes yeux. On se doute de ce que vous endurez, à marcher toute la sainte journée sur… ces deux piédestaux. Ce doit être une vraie torture de devoir passer par là, malgré tous vos titres, pour affirmer un quelconque potentiel working-girl, non ?
Sans cesser de sourire, elle a posé ses deux mains sur mon bureau et a planté ses yeux dans les miens, et riposté, ironique :
- C’est votre thérapie avec Cate qui vous rend si perspicace, ou bien vous avez simplement piqué le dernier Cosmo en salle d’attente ?
- Ca me semble improbable, ai-je répondu. Ca fait bien trois jours que je n’ai pas mis les pieds en consultations. Et pourquoi faudrait-il qu’il y ait une raison au fait que je sois inquiet pour vous ?
Elle a soupiré, s’est encore un peu plus penchée vers moi. Ses yeux brillaient d’un drôle d’éclat.
- L’avantage certain des talons hauts, a-t-elle dit, c’est qu’ils me permettent de faire entendre mon pas alerte. Ainsi, je n’ai pas à toussoter pour m’annoncer, ce qui nous évite à vous comme à moi, l’inconvénient de vous surprendre, par exemple, en plein visionnage de vos derniers téléchargements illicites… De plus, les talons hauts me permettent de vous regarder directement dans les yeux, lorsque j’ai quelque chose à vous reprocher et mon autorité à affirmer. Ce qui arrive bien dix fois par heure, ces derniers temps.
J’ai réfléchi et fait la moue.
- Ce ne sont pas des arguments valables, ai-je répliqué. D’une part, il y a de la moquette à tous les étages de l’hôpital, et celle de mon bureau est bien plus épaisse que partout ailleurs… Et d’autre part, si vous voulez me regarder dans les yeux, pourquoi toujours détourner mon attention par des décolletés vertigineux ?
Elle s’est redressée aussi sec, m’a lancé un regard chargé de reproches.
- House, je vous veux en consultations d’ici cinq minutes, a-t-elle sommé.
Et elle a quitté mon bureau en faisant de gros efforts pour se déhancher le moins possible.
Je peux vous assurer que ses efforts étaient vains.
14:46 Publié dans Impressions | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : house, cuddy, chaussures