août 29, 2008

Bye Ellie, hi Jack

J’ai décidé de jeter l’éponge, d’écouter –une fois n’est pas coutume- vos conseils et ceux de Wilson. Hier soir, j’ai beaucoup réfléchi à la situation. Il m’apparaît évident que si Cuddy a pris la fuite, c’est dans l’optique d’un nouveau départ, celle aussi de  faire une coupure franche avec Princeton Plainsboro. Après tout, Cuddy est brillante. Côté carrière il est fort possible qu’elle n’ait pas dit son dernier mot. Beaucoup de portes pourraient encore s’ouvrir à elle sans qu’elle n’ait besoin de les enfoncer.

Probablement aussi pour vivre une romance cachée avec William Lurie. Mais là, je ne préfère pas creuser.

Lurie a toujours été défini sur le campus comme un brave type. (Entendez par là un bon bougre). Le genre de gars qui vous réservait toujours un accueil personnalisé, avec l’accolade ou la grande claque qui va avec. Pendant sept années de Médecine Générale, et encore trois années de spécialisation (Bill en a aussi une en infectiologie) j’ai du endurer quotidiennement ses remarques. Il me reprochait d’être austère, lugubre, un brin rigoureux, et grosso modo de rire seulement lorsque je me brûlais. (Le seul vrai problème, c’est que Bill ne m’a jamais fait rire, surtout lorsqu’il déployait des trésors d’ingéniosité pour y parvenir).

Du peu que je me souvienne, Lurie n’a jamais vraiment eu de succès avec la gente féminine. Il faisait partie de ceux à qui on ne connaissait aucune histoire. Il traînait souvent dans mon sillage et dans celui de Prescott, mon binôme de l’époque, dont je vous ai parlé précédemment. Il essayait par tous les moyens de s’infiltrer dans les cercles existants, mais chacune de ses tentatives se soldait par un échec. Le fait est que Lurie faisait partie de ceux qu’on oubliait. On s’en rendait souvent compte devant le fait accompli, lorsque par exemple nous organisions une soirée : « Quelqu’un a pensé à inviter Lurie ? ». Nos regards fautifs répondaient pour nous-mêmes.

Je possède un cliché de cette époque. Nous avions décidé avec Prescott d’intégrer l’équipe d’aviron de John Hopkins. Non pas par plaisir, je dois bien l’avouer, mais parce que nous avions découverts que la musculature que générait ce sport faisait se pâmer les filles. A peine avions nous lancé l’idée que Lurie se joignait à nous, malgré  nos bordées d' arguments visant à le décourager.

 

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Le bigleux, juste avant le dernier au fond, c'est Lurie. Je suis caché par Prescott qui grimace sous l'effort (pour la photo).

Oh, cela n’a pas duré bien longtemps. Un jour que nous nous changions aux vestiaires, Lurie eut l’idée saugrenue de croire qu’il était dorénavant intégré, et il se révéla particulièrement insupportable, alignant blagues de mauvais goût, plaisanteries déplacées et clowneries pathétiques. Alors qu’il se déchaussait, l’un d’entre nous posa son regard sur ses pieds qu’il tentait pourtant désespérément de dissimuler. La découverte de son grand secret, à savoir les fameux pieds palmés de Bill fit rapidement le tour du campus. Certaines mauvaises langues allèrent jusqu’à raconter que Lurie avait intégré l’équipe d’aviron par simple propension génétique. Pour être plus près de ses congénères les canards.

Lurie accusa le choc avec autant de dignité qu’il le put. Il se consacra à fond à ses études, se fit plus rare, plus discret, plus effacé… Il rencontra Martha peu de temps après, s’accrocha à elle comme un arapède à un rocher, prenant sans doute conscience qu’elle lui offrait une chance inespérée. Il l’engrossa avec beaucoup d’ardeur peu avant de lui demander sa main. Curieusement, aucun d’entre nous ne fut invité au mariage. (Mais personne ne s’en offusqua, ni ne le revendiqua, dans le fond.)

Je crois que la seule chose qui nous sidérait, c’était que Bill puisse avoir une vie sexuelle. Nous allions jusqu’à nous demander dans les vestiaires s’il cancanait lorsqu’il atteignait l’orgasme. A ce jour, au moins deux femmes ont la réponse : Martha et Cuddy.

 

J’ai eu envie, ce soir, de me changer les idées. J’ai enfourché ma moto et ai conduit au hasard, dans les alentours de Princeton. Comme je ne passais pas très loin de chez Ellie, je me suis arrêté au drugstore, au coin de sa rue, pour prendre une bouteille de Jack Daniels. 

Lorsque j’ai écrasé mon doigt sur la sonnette et qu’elle a entrebâillé la porte, c’est la première chose que j’ai mise dans son champ de vision, tandis que de mon côté, je louchais déjà sur l’échancrure de sa nuisette.

Elle a ouvert la porte en grand, m’a souri de manière provocante, appuyée contre le chambranle, les bras croisés. J’ai fait un pas vers elle, mais elle s’est raidie, cependant sans se départir de son sourire.

 

« Une visite impromptue ? Que me vaut cet honneur ? M’a-t-elle questionné de sa petite voix mutine.

 

- L’appel du sexe, ai-je répondu sans équivoque.

 

J’ai tenté avec ma canne de relever un pan de sa nuisette, mais elle a reculé d’un pas. Sans toutefois m’offrir la possibilité d’entrer chez elle.

 

- Tu veux qu’on fasse ça dans le couloir ? Ai-je demandé.

 

Elle a secoué négativement la tête, et j’ai cru un peu trop vite que c’était gagné.

 

- Greg, a-t-elle commencé. Tu arrives un peu tard. Je t’ai déjà trouvé un remplaçant.

 

- Et ce prétendant t’as apporté du champagne, lui ? Ai-je riposté, un peu amer, du tac au tac.

 

- Non, c’est simplement que lui sait tenir ses engagements. Il vient les mains vides mais ne m’apporte pas un lot d’emmerdes. J’ai passé plus de temps à soigner tes bobos, ramasser tes bouteilles et te regarder vomir, qu’à prendre mon pied avec toi ces quinze derniers jours.

 

Je suis resté planté dans le couloir, avec des airs de gamin pris en faute. Elle ne s’est pas laissée attendrir. Elle n’avait pas l’air en colère, mais c’était pire : elle semblait déterminée à ne pas me laisser entrer.

 

- Connaissant ton degré d’exigence pour la chose, je propose d’attendre mon tour ici ou de revenir un peu plus tard finir ce qu’il aura commencé, ai-je ironisé.

 

Elle a encore secoué la tête :

 

- Greg, ne fais pas comme si tu ne comprenais pas… Le fait est que tu uses le monde autour de toi. Je refuse que tu agisses de cette façon avec moi. Cuddy y a laissé des plumes, Wilson et d’autres aussi. Tu ne te rends pas compte de combien tu demandes, sous tes airs de « laissez moi tout seul »… La base de notre accord était du plaisir, uniquement du plaisir. Je ne veux pas faire partie de ta problématique, ce n’est pas ma place, désolée…

 

Elle a fait mine de fermer la porte, s’est ravisée et s’est approchée de moi, avec un air navré. Elle a posé une main distraite sur un des pans de mon blouson et l’a trituré pensivement.

 

- Il faut que tu comprennes, a-t-elle soupiré. Tout le monde se ronge pour toi et tu ne peux pas agir éternellement comme un salaud. Je sais que dans le fond, cette histoire avec Cuddy a beaucoup plus d’importance que tu ne veux bien l’avouer. Et c’est pareil de son côté. Elle m’a demandé avant de partir de veiller sur toi, et de lui mailer au cas où tu irais mal… C’est ce que j’ai fait.

 

Elle a planté son regard dans le mien, s’est un peu mordue la joue de l’intérieur.

 

- Parle lui, Greg. Appelle la, ou va la voir. Mais règle ce problème et…

 

- Je n’ai pas besoin d’ange gardien. Je sais ce que j’ai à faire. Merci. » Ai-je riposté durement avant de tourner les talons.

 

Dans le fond, jack (Daniels) est le seul qui ne m’ait encore déçu. A bien y réfléchir, je trouve même que sa rondeur en bouche, en fin de dégustation, laisse un petit parfum sensuel et suave qui n’a rien à envier à celui d’Ellie.

Commentaires

Greg, décidément votre soirée est aussi réussit que la mienne !
Permettez moi de trinquez, je lève mon verre de Zubrowska à... et bien a rien en fait !!

´Vashe zdo´rovye!

Lilla

Ecrit par : lilla | août 30, 2008

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/Ellie's diary

Rien ne m'empêchait de coucher avec d'autres. Avec n'importe qui.
J'avais une envie de m'abandonner. Je suis sortie, n'ai pas eu de mal à attirer un parfait inconnu dans mes filets. J'avais fixé une règle: on ne se dit pas nos noms, on ne se revoit jamais. C'était clair, et je ne finirait pas par me fiancer pour garder mon boulot ou a rester chez lui à le voir bourré. Pas d'engagement.
Nous avions à peine commencé à nous déshabiller que la sonnette retentit. En sous-vêtements, j'ai enfilé la première nuisette qui me tombait sous la main et suis allée ouvrir. Je savais déjà qui c'était, à cette heure. Et je savais déjà ce que j'allais dire. Tout comme je me doutais de sa réaction.

***

Je suis restée sur le pas de la porte à le regarder s'éloigner.
Rentrée, je me suis laissée faire par le bel inconnu. Trop pensive, mais c'est pas ça qui empêche un mec en rut de jouir.

J'avais pas envie de faire partie de tout ça. Je n'ai jamais rien voulu de plus que du sexe, on l'avait bien dit clairement.
J'ai me suis impliquée ces derniers jour. Et je me suis aperçu que je l'était trop. Et ça a commencé à me faire peur. Tout comme l'impression d'être un objet qui a commencé à me saisir.

Sans doute Greg ne s'était pas attendu à cette histoire de mails, moi qui aimait les machinations pour faire crier Cuddy.
Je joue un rôle avec tout le monde... dans ce grand "théâtre" qu'est Plainsboro pour moi. Et la doyenne l'avait sans doute compris. C'est pour ça qu'elle m'a demandé ce service. Evidemment, pour la forme, j'ai protesté, je l'ai enfoncée, je me suis moquée. Mais elle avait bien compris que je le ferai quand même.
Pour House, pour elle ou pour moi ?
J'en sais rien.
J'men fout. Les faits sont là.

A ceux qui me prennent vraiment pour ce que je laisse volontairement paraître, je suis plus qu'une petite garce idiote.

Ecrit par : Ellie | août 30, 2008

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Ellie, je serai presque à admirer ta façon de te livrer en publiant "ton journal" !! A moins que ce ne soit pas volontaire ?
Tu voulais du sexe, te laisser faire par ce bel inconnu soit, lui a jouit (mazel tov a lui) mais quel intérêt pour toi si l'orgasme est à inscrire aux abonnés absent ?
Comme quoi cette histoire avec Greg te touches !
Le sexe pour le sexe OUI mais a partir du moment où on s'implique de trop ça devient forcément autre chose que juste du sexe. Mais ton implication ne regarde que toi, et ceux qui te prennent pour "une garce idiote" et bien ma foi laisses les dire, après tout qu'est ce que tu en as à faire ?

En ce qui concerne Cuddy, je suis toujours étonnée par son talent ! Elle fait faire ce qu'elle veut a qui elle veut. (enfin presque...)

Il faudrait que j'arrête les chamallow je deviens trop compatissante...

Lilla

Ecrit par : lilla | août 30, 2008

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Ellie, je ne vous ai jamais vraiment porté dans mon cœur, cependant cette fois ci je vous comprend et en même temps je trouve vos agissements décevants ... Il est vrai que Greg n'est pas du genre a semer la joie et le bien-être autour de lui, et il est très compréhensif que vous ayez ressenti le besoin de vous en éloigner ( comme beaucoup de gens en ce moment ) , mais le fait de le laisser tomber ainsi simplement parce que qu'il n'a pas pu mettre tout ses problèmes de coté pour juste du sexe ... Il va mal, plus mal qu'on ne le croit et seul une personne qui ressent pour lui, plus qu'un besoin de sexe, pourra l'aider. Cette personne pourrais bien être Cuddy et, Greg, il vous faut lui parler ... Pour une fois laissez de coté votre fierté et laissez tomber cette carapace qui s'est formé autour de votre cœur ...

Amicalement,

Laura

Ecrit par : Laura | août 31, 2008

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Lilla > Bah nan, c'était pas vraiment volontaire... Je me souviens pas vraiment vu qu'hier soir j'ai du abuser sur la bouteille..
Et pour le reste, pense ce que tu veux, je ne sais pas trop moi-même. Sans doute cela me touche, en effet, et c'est peut être ça qui me fait peur.

Laura > C'est justement pour que quelqu'un comme Cuddy l'aide que j'ai fait ça. Pas moi. J'en suis pas capable, c'est pas mon rôle. Là encore, pensez ce que vous voulez.

Ecrit par : Ellie | août 31, 2008

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Décidément le Princeton Plainsboro grouille de personnel qui aime la bouteille !! Au lieu de boire seules nous devrions peut être faire un tir groupés !!

Sobrement,

Lilla

Ecrit par : lilla | août 31, 2008

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